François Bayrou invité de « Vivement Dimanche »

Hier après-midi, Michel Drucker recevait sur son célèbre canapé rouge de « Vivement Dimanche » François Bayrou, président du Mouvement Démocrate et député des Pyrénées atlantiques.

Avant même que l’émission soit transmise (car elle est préenregistrée trois jours avant), des articles se sont empressés de transmettre le scoop après tant de mystère depuis 2007 : François Bayrou a enfin dit ce qu’il avait voté au second tour de l’élection présidentielle 2007, à savoir qu’il avait voté blanc !

En fait tout le monde s’en doutait et cela ne change rien. Il a dit en revanche d’autres choses très fortes et intenses dans l’émission, notamment à l’occasion de l’évocation du martyr des moines de Tibéhirine, que c’était pour lui une démonstration que « L’AMOUR est plus fort que la mort ».

Nous avons aussi découvert en François Bayrou un talent réel pour le théâtre (il a fait le conservatoire national de région, au départ pour vaincre son défaut d’élocution, de bégaiement). Jean-Laurent Cochet s’est montré époustouflé, admiratif, lorsque François Bayrou a récité la fable de la Fontaine « Le loup et le chien » (je le mettrai en ligne quand je l’aurai). Il est vrai que le talent d’acteur et de tribun sert en politique, alors que certains sont plutôt des illusionnistes, le rappelle François Bayrou à l’occasion d’un tour de magie d’un jeune Science-Po (pas Science-Pau !) de Bordères sur le plateau.

Moments émouvants de souvenirs politiques et de famille, images magnifiques de montagne des Pyrénées et de la ville de Pau,  région et ville très chères à François Bayrou, attaché à ses racines, se ressourçant auprès des siens, de son village et de ses chevaux (il sait leur parler et les mettre en confiance, l’un d’eux pose même sa tête sur son épaule).

Michel Drucker le présente comme un homme politique « décalé », toujours où on ne l’attend pas. Claude Sérillon découvre que c’est un « geek » (accroc à Internet,  aux nouvelles technologies de l’information). François Bayrou a même invité sur le plateau la représentante de Wikipedia, encyclopédie électronique réalisée grâce à la contribution gratuite des internautes. Il présente ce phénomène comme une révolution (comme le fut l’écriture et l’imprimerie) et un exemple d’entreprise non marchande, ou le savoir s’échange et s’enrichit sans contrepartie financière, une nouvelle forme d’intelligence en réseau. Décidément, François Bayrou n’est pas comme les autres hommes politiques !

Les frères journalistes Alain et Patrice Duhamel étaient aussi invités sur le plateau à parler de leur livre « Cartes sur table », traitant des relations qu’entretiennent les hommes politiques et les médias. Alain Duhamel décrit François Bayrou face aux journalistes comme un « mâle dominant » : « soit les journalistes jouent un rôle subalterne face à lui, soit ils se font engueuler ! »

Enfin, François Bayrou a pu (un peu) parler politique, expliquant la difficile position de résistance et d’indépendance au centre, indépendance à ne pas confondre avec solitude. Il a exprimé ce qui l’indignait le plus, reprenant encore une fable de la Fontaine (Les animaux malades de la peste) : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Il propose même de créer le PLF, le « Parti de La Fontaine » ! Pour illustrer l’objet de cette indignation, il cite la campagne présidentielle de 1995 : nous découvrons que les comptes de campagne de Chirac et de Balladur n’auraient pas dû être validés par le Conseil constitutionnel, mais qu’ils le furent car il n’était pas « pensable » de ne pas le faire, alors même qu’un petit candidat, Jacques Cheminade, avec 0,24% des voix, fut ruiné par cette campagne.

Interrogé sur la crise des dettes publiques européennes et sur la politique qu’il mènerait à l’égard des banques, il fait également une proposition : « Aujourd’hui la BCE prête aux banques à moins de 2% et les banques prêtent aux Etats, dans le cas Irlandais à 8 ou 9%. Au lieu de voir les intermédiaires privés prendre des marges considérables, il faut que la BCE assume cette fonction, qu’elle achète les titres de dette publique des pays de la zone euro fragilisés, ce qui permettrait aussi de les prémunir de la spéculation des marchés. »

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